Françoise Tomeno
16 juillet 2012
Lorsque l'on offre un cadeau à quelqu'un, il peut se trouver qu'on mette ce quelqu'un dans l'embarras. Le cadeau peut ne pas lui plaire du tout; ou bien être encombrant, pas le choix de réfléchir si le cadeau est recevable. Il peut mettre en dette celui qui le reçoit. Il peut précipiter un lien qui était tout juste en train de se faire. Il peut surprendre. Il peut flatter, et cependant gêner.
Je ne parle pas là des cadeaux "convenus" (au demeurant bien agréables), le bouquet ou le livre lorsque l'on est invité à dîner.
L'offrande, elle, ne s'offre pas. On la dépose là, la divinité passera la prendre, ou pas. À certains moments de la vie, il faudrait avoir le courage de ne pas s'imposer avec son cadeau. Prendre le risque de l'offrande. Le risque que personne ne la remarque, ne la prenne. Une offrande nécessite, contrairement au cadeau, du travail de la part de celui qui décide de l'accueillir. Peut-être va-t-il, passant sur le chemin, ne pas la remarquer. Peut-être va-t-il la remarquer et passer son chemin. Peut-être va-t-il la remarquer, la distinguer (ce n'est pas pareil), décider de perdre un peu de son temps et l'examiner. Peut-être alors va-t-il décider de l'accueillir, de la "prendre à bras le corps" (j'aime beaucoup cette expression).