Françoise Tomeno

Françoise Tomeno

24 octobre 2012

Montparnasse, 6h45

Sans bien m'en rendre compte, je me dirige quasi machinalement vers le son. Gare Montparnasse, au petit matin. Un son de piano.

Je l'avais vu à la fin de l'été, le piano. Je pensais que c'était un rescapé de la sympathique initiative de la Ville de Paris, qui avait mis, du 22 juin au 9 juillet, 40 pianos à disposition dans la ville, dont certains dans des parcs et jardins.

Celui-ci semble avoir élu domicile dans la hall de la gare. Et de si bonne heure, un jeune homme joue. Il joue avec talent. Je m'approche, je m'installe, je veux dire: je me campe bien sur mes deux jambes, j'écoute, je regarde. Une toute jeune femme, accompagnée par une grosse valise, s'arrête, son visage s'épanouit. Des hommes arrivent, sacoche de travail à la main. L'un deux succédera au jeune homme. Un petit homme un peu tassé, un vieux sac en plastique un peu usé à la main, rejoint notre petite troupe d'écoutants, écoutant comme des enfants émerveillés de la surprise.

Matin d'automne, luciole, de quoi éclairer la journée.

Françoise Tomeno
24 octobre 2012