Sans bien m'en rendre compte, je me dirige quasi machinalement vers le son. Gare Montparnasse, au petit matin. Un son de piano.
Je l'avais vu à la fin de l'été, le piano. Je pensais que c'était un rescapé de la sympathique initiative de la Ville de Paris, qui avait mis, du 22 juin au 9 juillet, 40 pianos à disposition dans la ville, dont certains dans des parcs et jardins.
Celui-ci semble avoir élu domicile dans la hall de la gare. Et de si bonne heure, un jeune homme joue. Il joue avec talent. Je m'approche, je m'installe, je veux dire: je me campe bien sur mes deux jambes, j'écoute, je regarde. Une toute jeune femme, accompagnée par une grosse valise, s'arrête, son visage s'épanouit. Des hommes arrivent, sacoche de travail à la main. L'un deux succédera au jeune homme. Un petit homme un peu tassé, un vieux sac en plastique un peu usé à la main, rejoint notre petite troupe d'écoutants, écoutant comme des enfants émerveillés de la surprise.
Matin d'automne, luciole, de quoi éclairer la journée.
Françoise Tomeno
24 octobre 2012