Françoise Tomeno

Françoise Tomeno

06 décembre 2012

Françoise Tomeno
6 décembre 2012

La Loire est grosse, jaune, presque grise parfois. L'automne avance à la rencontre de l'hiver. Les rives se dépeuplent de leur végétation, les arbres perdent chaque jour un peu plus leurs feuilles, les beaux jaunes d'or pâlissent. Le mot qui me vient à l'esprit est celui de dénuement. Le regard s'accroche à ce qui se présente: une petite branche qui se tend vers l'eau, un tronc qui barre le fleuve, des touffes d'herbe, modestes, discrètes, parfois pleines de soleil, parfois revêtues de leurs vêtements de semaine, moins flamboyants. Un reflet dans l'eau, toujours émouvant parce qu'il restitue de la profondeur à ce qu'il reflète. 

Dénuement, comme parfois dans la vie. Une phrase de Geoges Didi Hubermann s'impose: "Nous sommes « pauvres en expérience » ? Faisons de cette pauvreté même – de cette demi-obscurité – une expérience ». En cette saison, les rives de la Loire se dénudent, "s'appauvrissent", mais sont riches de leur pauvreté.

La Loire m'offre un territoire pour cette pensée. Aller à la rencontre de la plus petite herbe, de la plus petite lumière. Prendre le temps de s'y attarder. 

Être touchée par le brouillard, qui, telle la neige, donne un fond sur lequel se détache la moindre lumière, le moindre reflet, la moindre silhouette d'oiseau, le moindre mouvement.

J'aime la Loire en toute saison. C'est mon amie.